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 Monsieur Jean-Baptiste

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MessageSujet: Monsieur Jean-Baptiste   Ven 28 Aoû - 16:19


MONSIEUR JEAN-BAPTISTE

Scénario et dialogues de Xavier Francis Labrot



GENRE : Comédie fantastique



Personnages :
- Jean
- Jackie
- M. Jean-Baptiste
- M. Lieberman
- Le gendre, commissaire-priseur
- Le commis

Matériel :
- 2 portraits à la sanguine
- tenue complète XVIIIème siècle.

Décors :
- Un appartement avec salle à manger, salon, chambre à coucher
- Un atelier d'artiste
- Une salle des ventes avec public.


Séquence 01 – Intérieur – Jour artificiel.
(Une salle des ventes – un commissaire-priseur au marteau – une salle plutôt pleine).

Le commissaire : Pour cette magnifique sanguine représentant le charmant visage d'une jeune fille, nous en sommes à 30 euros. Ca vaut mieux que ça … 40 à ma gauche … plus personne ? … Ah ! Monsieur au premier rang, 50 euros… 50 euros, une fois, deux fois, deux fois et demie, trois fois. Bravo Monsieur, bel achat.

(L’acquéreur se lève et va fébrilement au-devant du commis qui lui remet le portrait ; il l'examine longuement avec un "œil de bijoutier", sorti de sa poche – la vente se poursuit, assourdie – l'acquéreur manifeste de façon croissante sa surprise et son excitation).

Le commissaire – la vente se poursuit sous la direction de mon assistante…

Séquence 02 – Intèrieur – lumière artificielle.
(Le commissaire est au téléphone).

Le commissaire - Allo , beau-papa, oui, nous venons bien dîner, ce soir, mais nous serons un peu en retard. J’ai quelque chose d’amusant à vous dire. Non, non, je garde la surprise pour ce soir. A tout à l'heure. Mes hommages à Belle-Maman.

Séquence 03 – Intèrieur - Soir.
(Intèrieur bourgeois – salle à manger – table dressée - plusieurs convives passent à table)
Jean - Alors ! mon gendre, cette nouvelle amusante ? vous avez piqué ma curiosité.
Le gendre – Vous vous souvenez de ce portrait que vous m’avez confié, la semaine dernière ? et bien, je l’ai vendu dès la première vacation – Oui ! oh ! pas une grosse somme : 50 euros. Mais j’ai pensé que ça vous ferait plaisir de l’apprendre.
Jackie – Alors là, ça m'épate.
Jean – C'est étrange ! Je fais tout pour ne pas paraître vaniteux. Mais je dois reconnaître que ça me fait profondément plaisir.
Jackie – Mon mari est un artiste … et un artiste coté.
Le gendre – la cote est modeste.
Jean – pour l'instant.
Le gendre – Mais il y a mieux ! l’acquéreur m’a demandé si nous connaissions l’auteur du portrait. Je lui ai dit que oui, bien que ça arrive rarement. Et vous ne savez pas ce qu’il m’a demandé ?
Jean - ???
Le gendre - Votre adresse. Je lui ai dit que je vous demanderais l’autorisation de la lui communiquer.
Jean - Au contraire, je serai ravi de lui parler. (à sa femme) Qu’en penses-tu ?
Jackie - Oh, c’est sûrement quelqu’un de très bien, puisqu’il apprécie les œuvres de mon mari.
Jean – mon téléphone, ce serait mieux que mon adresse. Je préfère l'entendre avant.
Jackie – C'est sûrement un original.

Séquence 04 - Intèrieur – Nuit.
(Dans la pénombre, Jean est dans son lit, avec son épouse – il rit brusquement, puis se fige.)

Jean - Il faut que je me lève, il faut que je dessine !
Jackie - Bonne idée ! tu n'arrêtes pas de remuer. Comme ça, je pourrai dormir. … Et cette fois, fais-nous un chef d'œuvre. N'oublie pas qu'il faut changer le frigo.

(La pendule marque minuit)

Séquence 05 – Intérieur - Nuit
(Dans son atelier, Jean dessine, comme habité – La pendule marque une heure).

Séquence 06 – Intèrieur - Nuit.
( La pendule marque deux heures – Jean paraît fatigué ; il baille – son dessin prend forme, mais il est loin d’être fini. Il retourne se coucher).

Jean - J'en peux plus. Je le finirai plus tard.

Séquence 07 – Intérieur – Jour.
(Dans la chambre à coucher, le matin - Jean se lève en baillant, retourne voir son dessin – il va dans son atelier : surprise ! le portrait est fini ; il est magnifique – Jean, visiblement excité, sort de son atelier en courant.)

Séquence 08 – Intérieur - Jour.
(Jackie prépare le petit déjeuner.)

Jackie - Tu es déjà debout ?
Jean (tout excité) - le portrait ! il est achevé ; il ne s’est quand même pas fini tout seul ! je n’y comprends rien. Je me suis couché à deux heures, je n’arrivais plus à garder les yeux ouverts.
Jackie - Oui ! tu t’es recouché à deux heures, et tu t’es endormi comme une souche, mais tu as gigoté pendant une bonne dizaine de minutes ; j’allais te réveiller quand tu t’es relevé et tu es redescendu à ton atelier en grommelant. Comme ça, enfin, j’ai pu dormir.
Jean – Mais pas du tout, j’ai dormi d’une traite.
Jackie - C’est ça, dis tout de suite que je suis folle.
Jean – Tu es sûre ? je ne me souviens de rien. Alors ? c’est moi qui ai fini le portrait !?
Jackie - Ah ! il est fini ? Bé tu vois bien… Une chose est sûre, c'est que ce n'est pas moi qui te l'ai fini.
Jean – C'est étrange ! je me sens reposé comme si j'avais dormi dix heures d'affilée.

Séquence 09 – Intérieur – Jour.
(ils sont descendus à l’atelier ; ils regardent tous deux le portrait, ébahis).

Jackie - Mais il est superbe ! Et c'est toi qui a fait ça !?
Jean – Il faut croire.

Séquence 10 – Intèrieur – Jour.
(Dans le salon - Coup de téléphone – Alternativement, l'acheteur et Jean).

L’acheteur - Bonjour Monsieur, je vous remercie d’avoir répondu favorablement à ma demande et, vous voyez, je vous appelé sans tarder, en dépit de l’heure matinale, ce dont je vous prie de m’excuser … Je dois d’abord me présenter, je suis Ernest Lieberman, le directeur du Musée d’Ile de France. J’étais de passage dans votre ville quand j’ai éprouvé un besoin impérieux de me rendre à la salle des ventes. J’ai tout de suite repéré votre dessin, et j’ai été stupéfait… Je suis, entre autres, spécialiste de Greuze et, d’ailleurs de la plupart des peintres du XVIIIème siècle français. Or, j’ai tout de suite reconnu la patte du maître. Vous devinez ma surprise lorsque le commissaire priseur m’a dit que, non seulement il en connaissait l’auteur, mais encore que ce dernier était vivant. Même maintenant, j’ai peine à le croire. Je serais très honoré de vous rencontrer et de voir vos autres œuvres.
Jean – Tout ceci me paraît effarant ! mais il se trouve que, cette nuit même, j’ai réalisé un autre portrait – dont je suis d’ailleurs assez satisfait.
L’acheteur – j’aimerais beaucoup le voir.
Jean – Ecoutez ! ce ne sera pas possible dans l’immédiat, car je dois aller à Paris, … mais je peux déposer mon dessin à la salle des ventes. Vous pourrez le voir tout à loisir. Je crois que la prochaine vacation a lieu après-demain.
L’acheteur – Ah merci ! rien ne pouvait me faire plus plaisir ! mais j’insiste, il faudra que nous nous voyions.

Séquence 11 – Intèrieur – Jour.
(La salle des ventes – vue de la salle et du public - le commis présente le portrait).

Le commissaire – Le lot suivant est un charmant portrait contemporain – j'insiste -, une sanguine, réalisée dans l’esprit de l’Ecole française du XVIIIème siècle.

(Un petit homme entre discrètement dans la salle et se faufile au fond ; il s’appuie contre le mur).

Le commissaire – J’ai preneur à 40 euros. Qui dit mieux ?

(le petit homme, au fond, lève la main.).

Le commissaire – 50 euros, le monsieur au fond de la salle. Mais vous pouvez approcher, Monsieur, il y a encore des places devant. (refus discret).

(M. Lieberman lève la main).

Le commissaire – 80 au premier rang.

(le petit homme lève la main, mais il n’a plus sa veste, ni sa cravate).

Le commissaire – 100 au fonds.

(M. Lieberman se retourne pour essayer de voir qui enchérit et, le dos toujours tourné, lève la main)

Le commissaire – 150 … 200 au fond … 300 … 500.

(un blanc temporel)

Le commissaire – 1700 euros, l’enchère est au premier rang (silence – air satisfait de M. Lieberman).

(le petit homme lève la main, mais il porte un justaucorps et une épée).

Le commissaire – 2000, l’enchère est au fond.

(M. Lieberman, courroucé, lève la main).

Le commissaire – 2500 au premier rang.

(Le petit homme lève la main, ; il porte une perruque Louis XV).

Le commissaire – 3000 au fond.

(silence – M. Lieberman semble réfléchir.)
Le commissaire – L’enchère est au fond … 3000 une fois, … 3000 deux fois, … pas de regrets ?

M. Lieberman – 4000.

(le petit homme porte un tricorne, l'ôte et fait signe qu'il arrête son enchère.)

Le commissaire (abattant son marteau) adjugé, 4000 euros au premier rang, félicitations Monsieur. (la salle applaudit).

Séquence 12 – Intérieur – Jour.
(C’est la fin de la vente … tout le monde se lève. Le petit homme, dans ses habits du début, s’approche de M. Lieberman.)

Le petit homme – M. Lieberman ?

M. Lieberman (étonné que quelqu'un connaisse son nom) – Oui !
Le petit homme – Mes félicitations, Monsieur, vous êtes un connaisseur ! (négligemment, il lui remet sa carte). C’est effectivement un portrait remarquable. Et finalement, je n’ai pas osé le séparer de son pendant … celui que vous avez acheté la dernière fois. Adieu Monsieur ! et longue vie au Roi ! (il se retourne et s’éloigne).

(M. Lieberman le regarde partir, puis lit la carte : Jean Baptiste GREUZE, voyageur. Il relève les yeux – Jean Baptiste GREUZE, en justaucorps et perruque, se retourne et le salue majestueusement en ôtant son tricorne, puis il tourne le dos et s’éloigne. - M. Lieberman secoue la tête, comme pour se réveiller.)

Séquence 13 – Intérieur – Jour.
(Soudain, Jean, l’auteur des portraits apparaît, cordial).

Jean – J’arrive trop tard. Je suis sincèrement navré. A cette heure-ci, il est impossible de trouver un taxi. Et puis, j’ai du raccompagner mes filles à la gare. Alors que s’est-il passé ? (un commis apporte le portrait) Ah ! mes félicitations ! je suis ravi que vous l’ayez emporté.
M. Lieberman (toujours abasourdi) - Il vient de se passer quelque chose d’étonnant …
Jean (n'écoutant pas) – Mais, au fait, je m’aperçois que j’ai oublié le plus important …
M. Lieberman – Et quoi donc, je vous prie ?
Jean – J’ai omis de le signer…

(Dernière image où l’on voit M. Lieberman se sauver en protégeant le portrait, et l’auteur lui courir après, son stylo à la main).



FIN


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